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Avant propos,

Comme beaucoup de sculpteurs Ulrich ne travaillait que des matières ayant leurs propres aspects, la pierre, le bois, le métal, des matières dites nobles. Puis il a rencontré une matière neutre pratiquement transparente aux propriétés plastiques très intéressantes avec laquelle il pouvait créer ses propres nuances de tons et enfin pouvoir utiliser la couleur dans sa création plastique tout en la maîtrisant. Cette révélation lui donnait la possibilité de réaliser sa propre matière.

Mais comment expérimenter la couleur quand nous ne sommes que sculpteurs ?

A partir de cette question, Ulrich a cherché les liaisons avec ce que l’on peut exprimer de façon abstraite et inconsciente dans nos choix, sans se soucier de l’esthétisme. Comme des tâches, des traces qui sont produites par des gestes. Des ponts entre le psychisme et la raison contenus en chacun de nous se sont établis avec la chromatique. Les couleurs et les formes sont devenues le miroir d’un état d’esprit exprimant des flux traversant nos pensées, que nous transmettons dans nos travaux, ou juste dans notre façon d’être. Sur cette base il établi un code de couleur.

Puis Ulrich s’aperçoit que le geste et le mouvement sont les générateurs indissociables de l’expression picturale, ils en sont les émetteurs alors pourquoi ne pas utiliser le corps comme un support, car avant de se retrouver sur la toile, elle est en genèse quelque part dans notre esprit. Et ainsi sur le même ouvrage l’abstrait est en communion avec le figuratif. Un peu comme la veine du marbre qui exprime un second voyage dans nos sculptures antiques.

Parallèlement il met au point une technique qui permet de répartir la lumière dans la matière comme bon lui semble dans une totale maîtrise. La lumière ne vient plus de l’extérieur de l’œuvre, mais de son intérieur… Ce qui change instantanément la lecture et détourne notre perception de nos premiers sentiments.

Enfin Ulrich décide d’associer ses études en un seul travail homogène ouvrant les portes d’une multitude de questions traversant inlassablement l’esprit humain. Pour ce faire il choisit de produire une série de grands formats qui facilitent le partage des émotions, la faculté à chacun d’entre nous de découvrir, et d’entrer en dialogue.

Il nous propose un langage de formes, de couleurs et de lumières afin d’en extraire nos interrogations, dans une atmosphère en mutation constante qui implique l’élaboration en permanence de nouveaux raisonnements, au reflet de la civilisation humaine qui ne cesse jamais sa quête de vérité.

 

Biographie :

 

Né en 1977, Ulrich vit et travaille à Montfaucon dans le sud de l'Aisne, son atelier est au milieu de la nature, c'est un artiste libre et autodidacte. Depuis l'âge de 14 ans, il crée. Il expose son travail dés 1995, est de suite encouragé, soutenu par les artistes, et amateurs d’art qu’il croise.

Il explore chaque matière mise à sa disposition, chaque œuvre ou pensée qu'il rencontre.

Son travail est à l'image d'un chemin qu'il partage avec le plus grand nombre en utilisant le média plastique de l'art, ce qui le séduit en lui c'est son écriture universelle. Il entreprend depuis ses débuts, que ses créations soient à l'image de cette pensée... Que l'on puisse comprendre sans aucune explication, ni même de titre.

Ulrich a une solide expérience dans le secteur industriel, issu d'DUT industrie. De 1998 à 2007, il travaille dans le domaine de la création de machine à l’international... Une expérience choisie, où il se dit qu'il va écouter et apprendre du monde...

En 2008, Ulrich crée Sculi Production, pour tous son travail de pierre, bois, mètale

Pour lui un artiste se doit de toujours avancer dans sa création, il ne peut pas rester sur un style d’œuvre, les artistes doivent sans cesse évoluer, la technique et la matière ne sont que des supports, en changer c'est se remettre en question, c'est s’offrir de nouvelles possibilités, c'est découvrir un nouveau langage... C’est pour cette raison que son œuvre est ouverte avec des variations de styles sur une multitude de matières dont certaines assez surprenantes comme la résine polyester, la fibre optique, mêlées à de l’électronique...

Le fil conducteur de l’œuvre de Ulrich est son engagement pour la planète et l’élévation de l’esprit.

En 2008, il traite du sujet de la fonte des glaces et des ours blancs avec l'exposition : "Une vie éphémère sur un continent éphémère". Visible sur : www.sculi.fr.

En 2009, c’est au tour des pachydermes en voie d’extinction, s'en suit d'autres animaux toujours menacés par l'homme... Si Ulrich les sculpte c'est pour leur offrir un dernier tombeau...

En 2010, il crée les funambules et acrobates hommes et femmes androgynes qui virevoltent au dessus de l'exposition des animaux tout en haut de la chaîne alimentaire... l’artiste les peint en noir comme des êtres polluant mettant la vie en danger.

En 2013, sa rencontre avec la résine et la fibre optique lui inspire un travail sur l'Homme qui est fait de lumière et d’énergie ce qui le mène aux « Flux Nitescents » son travail actuel.

Dans ce projet il souhaite utiliser chaque art, le volume, la couleur, le son, la lumière, la numérisation... la scénographie. Sur les expositions les œuvres prennent place avec leurs propres jeux. L'exposition devient une installation.

Ulrich aime travailler dans le sens : Où chaque mot est une œuvre et une exposition est une phrase.

En 2017, il crée Fluxli production pour travailler la résine et les Flux Nitescents .Et Ulrich compose pour « La création de soi. »

 

La création de soi, Act III :

 

L’être humain se végétalise, illustrant une prise de conscience contemporaine de l’importance du milieu naturel dans l’ équilibre de l’humanité. L’Homme est sur ses mains à la recherche de cet équilibre, posé sur la terre qui le nourrit et lui permet de créer.

La matière sculpturale mêle des formes colorées, la sculpture est remise en question et est projetée dans des nouvelles dimensions :

  • Parcourue en son intérieur de lumières illustrant les flux vivants de l’œuvre.
  • Des sons émis par chaque œuvre vont traverser l’exposition et le public en créant une polyphonie.
  • La vision de l’œuvre est modifiée au fur et à mesure de l’exposition par un jeu d’éclairage interne et externe se succédant. Créant une autre vision dans un laps de temps réduit.
  • Puis à l’approche de chaque œuvre, nous découvrons des formes cachées dans l’enveloppe du corps... qui démultiplient encore la portée des messages.

Cette transformation laisse libre cours à la pensée du spectateur d’imaginer sa fleur à lui. De développer son propre intérieur culturel et pourquoi pas, un art qui lui ressemble.

Le projet porte sur la création de 7 oeuvres indépendantes et complémentaires.

Démarche artistique et intention.

Dans ses premières sculptures il y a 25 ans, Ulrich était libre et abstrait. Il est allé au figuratif car il avait besoin de reconnaissance et faire valoir son travail de sculpteur. Il avait une certaine crainte du regard de son voisin dans les expositions traditionnelles, alors il s’est dirigé vers ce qui était à sa disposition ; Ainsi, s’est il inspiré de l' Antique,  "remontant" peu à peu le temps vers des périodes plus modernes.

Ulrich a procédé ainsi car il avait besoin d’étudier, en autodidacte, sans se perdre. Il a donc commencé par le début de l’histoire de l’art, avec la nécessité de travailler chaque période de ses mains.

Puis en 2014, il s’est mis à travailler la couleur et la lumière. Au départ il n’y connaissais rien. Il a développé ses propres mélanges et textures. Maintenant ses flux vont prendre leurs formes propres, ses travaux vont se concentrer sur l’expression des émotions et des songes qui ne sont pas encore  palpables, pour l’instant. Cependant,  Ulrich les a déjà peints sur les corps, comme s'ils étaient enfermés à l’intérieur.

Dans ce nouvel ouvrage la peinture abstraite va enfanter une sculpture à son image, elle va utiliser les traces de couleurs, comme des sentiments, des forces, des vecteurs, elle va tout simplement se construire et sortir des corps.

Sur quoi cela peut il aboutir? 

-Un lexique de tonalités et de compositions probablement ? 

Dans les deux premiers actes après une période animalière, Ulrich a voulu revenir à l’Humanité et plus particulièrement à ce qui l’habite. Il a travaillé son sujet en faisant confiance à son intuition et son inspiration, aux remarques des personnes qui venaient le voir ou que il côtoyait lors des expositions. Il aime beaucoup enrichir ses œuvres de ses rencontres. Il pense que nous ne créons rien de nous même, qu’un terreau humain et émotionnel nous nourrit… Si vous coupez l’artiste de toute source d’inspiration il devient une plante qui se fane et n’arrive plus à avancer... Sauf s’il a atteint un niveau d’analyse et d’autocritique qui lui permettent de continuer à travailler même s'il est "coupé du monde".

L’act III de création de soi, révèle un artiste qui a appris à se connaître, qui n’a plus à se justifier, il a besoin d’intervenir dans son monde contemporain, faire valoir ses idées et pour cela il doit les mettre en matière. Ulrich les voit végétales avec des racines, des tiges, des feuilles, des fleurs et des fruits :

  • Les racines : sont la source de son inspiration.
  • Les tiges : portent le projet et l’élèvent.
  • Les feuilles : tirent la sève de la terre et communiquent avec l’air.
  • Les fleurs : sont l’éclosion de ses idées et leurs parfums qui se distillent.
  • Les fruits : sont le résultat . Ils engendrent les graines d’un prochain act IV.

La plante est à l’image d’une galaxie. Elle éclos, s’épanouit et disparaît, la similitude entre elles permet la reproduction du processus à l’infini. Elle permet l’ouverture d’une discussion étendue.

Son travail sur l’âme de humanité et des artistes l’a convaincu que notre vie n’est que biologie. Notre raison est pour une part « chimie », pour ne pas dire hormonale. Tout en sachant que cela  dépend d’une certaine synergie entre patrimoine génétique et parcours de vie, de  l'instruction et de la capacité  d'analyse de nos vécus ... Jusqu'alors,  son inspiration était basée sur l’éternité de l’âme en corrélation avec celle de l’œuvre d’art. Il rêvait donc, sans doute pour se rassurer que la vie n’était qu’un passage de l’esprit par l’état de matière ...  une transmutation de la pensée en matière en quelque sorte… Que chacun de nous pouvait ainsi s’exprimer puis repartir. Il pensait que l’artiste transmettait son essence à l’ouvrage… Mais ce passage n’a lieu qu’une foi et n’est pas dans ce sens.

L’œuvre est la seule image qui reste de notre labeur, de notre maîtrise, et de notre intelligence. Alors que nous avons mis tant d’années à l’acquérir.

Il est évident que c’est la matière qui engendre la pensée, avant nous n’étions rien et après nous ne seront plus rien, seules quelques traces de notre raison subsistent, traces que nous laissons sous formes d’un héritage de connaissances.

L’intelligence a besoin d’un substrat pour germer... La naissance de la pensée est à l’image du végétal, de l’univers et de la vie. L’évolution de la raison en nous, a produit le doute et nous a fait prendre conscience de notre condition humaine. Pour éviter de sombrer dans la folie nous nous sommes inventé des forces supérieures appelées « dieux », nous avons eu besoin de nous rassurer. L’humanité s’est supposée des compréhensions de substitut comme les religions.

La création artistique lui a montré que les croyances rassurent et évitent d’hésiter... Mais nous ne réfléchissons pas dans cette hypothèse, la réalité est erronée, fondée sur des dogmes. C’est cette expérimentation que Ulrich aimerait partager au travers du mécanisme d’élévation.

L’art et la philosophie sont des pratiques de la pensée, du questionnement, une étude de soi, un développement intime, personnel et intérieur autant que général et impersonnel. Ils interrogent, ils ouvrent l’esprit. Si nous ne cherchons pas à établir notre libre arbitre, nous retournons à un état proche de celui de l’animal, des machines à consommer...

L’art est né de la remise en question de l’Homme dans son milieu. Il est un subtil équilibre entre la contestation et le jugement. Les grands artistes des époques antiques, de la Renaissance et les modernes sont sortis du moule . Ils sont désormais admirés pour leur incrédulité face à ce qu’ils avaient appris et nous oublions peut être trop souvent qu’ils ont eu du mal à faire admettre leurs convictions, elles nous paraissent comme une suite logique, une évidence, mais toute réelle avancée est le combat de toute une vie.

Il  faut du courage pour affronter l'opinion générale  au risque de paraître incompris !

Encore du courage pour casser les codes et les barrières qui emprisonnent l’énergie afin  qu’elle puisse se manifester librement.

L’art est le moyen d’ affirmer sa personnalité, des identités culturelles faites de sensations, de sentiments, d’interrogations comme la réelle vision du monde devant laquelle l’humain est perplexe et face à laquelle il développe son propre discernement sans se laisser envahir par des idées reçues.

Nous devons bâtir un échange constant entre les Hommes et Ulrich aimerait composer des structures de la pensée humaine, débouchant sur les fondamentaux d’une nouvelle écriture.

L’art est un Flux d’idées, d’impressions impalpables et rayonnantes, cela peut être une belle aventure que d’en faire une proposition de mise en plastique et de les exposer.